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Enlèvements, attaques de garnisons, blocages d'axes routiers névralgiques :
ce sont les seuls moyens de pression dont disposent les rebelles touareg du
Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) pour exiger du gouvernement de
Niamey une répartition équitable des revenus uranifères.
Exploitées depuis quarante ans par la firme française Areva, numéro un
mondial du nucléaire, les mines d'uranium du nord du Niger constituent une
manne économique pour le sud du pays. Quant aux Touareg et aux 80 000 âmes
de la ville d'Arlit, à proximité des sites d'extraction, ils ont "gagné la
poussière, la radioactivité, plus de pollution et plus d'atteintes à
l'environnement", selon Moussa Tchangari, un militant associatif.
Eau, air, sols : un lourd tribut. De fait, l'eau des puits est polluée par
l'acide sulfurique utilisé dans le traitement de la pierre. L'air est chargé
de poussières de minerais hautement radiotoxiques. Enfin, des matériaux
irradiés récupérés par les mineurs se retrouvent dans les charpentes des
maisons, les voitures ou les ustensiles de cuisine. En dépit de preuves
tangibles, l'absence de dépistage ne permet pas d'établir l'ampleur de la
contamination à l'uranium de la population. Surplombant les activités
minières, les vergers de la région agricole de l'Aïr, classée au patrimoine
mondial de l'humanité, sont également menacés. Tandis que le gouvernement
étend les zones de prospection sans consulter les Touareg qui y vivent, le
président du MNJ, Aghali Alambo, appréhende la sédentarisation à laquelle
est contrainte sa communauté. "Le nomadisme, c'est notre culture,
explique-t-il. Ces gens n'ont pas l'habitude de payer l'eau, le bois,
l'électricité.
Dans les villes, tout est payant. Et s'ils n'ont pas de travail, il faut
qu'ils demandent la charité devant tout le monde. Et ça touche la
crédibilité de notre culture."
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