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Mia et le Migou est un enchantement visuel, doublé d'un message écologique pertinent.
(...) voix et personnages font corps, ajoutant ainsi une touche d'harmonie à un film qui, tel le migou dans sa forêt, défend jalousement son univers singulier.
Un chantier, au coeur de l'Amazonie. L'explosif Mister Jekhide veut y faire construire un complexe touristique, et aussi abattre cet arbre gigantesque qui se dresse là-bas, au milieu du lac. Mais quelque chose ne tourne pas rond, quelque chose résiste : les grues grincent et se tordent, comme sous l'effet d'une force invisible. A peine creusé, un tunnel s'effondre... sur un ouvrier, le papa de Mia.
A des centaines de kilomètres de là, saisie d'un pressentiment, l'enfant s'éveille en sursaut. Il faut qu'elle retrouve son père, qu'elle le rejoigne, coûte que coûte, à pied, en radeau, en car. Et même, au bout du chemin, à dos de migou... De quoi ? De migou, un drôle de « monstre » protecteur au rôle essentiel.
Un arbre millénaire, une fillette intrépide et sensible, une forêt menacée par la cupidité humaine et gardée par d'étranges créatures... On pourrait se croire dans un scénario de Hayao Miyazaki, quelque part entre les hantises de Princesse Mononoke et les rêves de Mon voisin Totoro. Même ferveur contemplative pour les mystères de la nature, même fraîcheur, mêmes envoûtements sylvestres.
Un air de famille dans le récit, mais pas dans le dessin. Mia et le migou, doux orage de bleu profond, de vert éclatant et d'ocre chaud, est à mille lieues de l'univers plastique du maître japonais. La ronde naïveté du trait, la texture duveteuse de couleurs que l'on aimerait toucher appartiennent à une autre esthétique : celle du studio d'animation français Folimage et du réalisateur Jacques-Rémy Girerd.
Ce dernier, souvenez-vous, livrait en 2003 son premier long métrage, gracieux outsider dans le monde du dessin animé : La Prophétie des grenouilles racontait une drôle d'histoire d'inondation planétaire, vue depuis le pont d'un frêle esquif, poétique et cocasse arche de Noé aux préoccupations très humaines. On retrouve, dans Mia et le migou, cet inimitable mélange d'humour et d'onirisme, ce goût du détail tendre, qui fit le succès desdites grenouilles.
Et puis, dans ce nouveau conte, que Girerd et son équipe ont mis cinq ans à peaufiner, il est une nouvelle fois question de fin du monde. Après le déluge, la déforestation. Ecolo, en phase avec les peurs de notre époque, ce dessin animé ne fait pourtant pas que répercuter un discours à la mode. Il en fait le terreau d'une pépinière d'idées fertiles, tel cet arbre noueux, au centre de la forêt et du récit : garant magique de toute vie sur terre, il pousse... à l'envers, racines tendues vers le ciel.
Autour de cette belle invention, le réalisateur orchestre une ronde de personnages pittoresques, vifs, touchants, bref, réellement « animés ». En tête, la petite Mia, brunette risque-tout aux gestes fluides et délicats. Pas de place pour la mièvrerie ici. Comme dans La Prophétie des grenouilles, les personnages d'enfants font l'objet d'une attention malicieuse de la part de leurs créateurs : des peurs et des rêves de la jeune héroïne aux démêlés du fils de l'infâme promoteur avec sa drôle de famille, tout sonne juste.
TARIFS
Enfants (à partir de 3 ans) : 1.50 € / enfant
Avec 3 accompagnateurs gratuits
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